L’ENFANT DE BRUGES de Gilbert Sinoué

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Bruges, 1441. Arborant un air mystérieux, l’index posé sur les lèvres, Jan Van Eyck avait chuchoté :  » Petit, il faut savoir se taire, surtout si l’on sait… « . Qui pouvait se douter alors que, derrière la recommandation du maître flamand, l’un des plus grands peintres de l’histoire de l’art, se cachait le Grand Secret ?

À travers les brumes de Flandre et la luminosité éclatante de la Toscane, un enfant de treize ans va se retrouver confronté à une effroyable conspiration. Un monde occulte, plein de ténèbres qu’il lui faudra affronter avec l’innocence pour toute arme. Pourquoi veut-on sa mort ? Que sait-il qu’il n’aurait jamais dû connaître ? Pour quelle raison des peintres de génie, des apprentis, des orfèvres, des penseurs, des architectes sont-ils la cible de meurtriers invisibles ? Quels sont les liens mystérieux qui les relient entre eux et les poussent insensiblement au bord de l’abîme ?

Autant de questions auxquelles l’enfant de Bruges devra s’efforcer de répondre s’il ne veut pas disparaître à son tour dans la nuit.

A travers le parcours de ce fils de Van Eyck, Gilbert Sinoué offre une belle fresque historique dans la Flandre du XVème Siècle. On y trouve tous les ingrédients du roman à suspense : conspirations, secrets, assassinats, menaces… Le tout dans une époque qui nous permet de côtoyer un grand peintre flamand dans son cadre de vie, et par là, de contempler son travail alors qu’il réalisait les oeuvres qui sont arrivées jusqu’à nous. On apprend ainsi la manière dont les peintres apprêtaient leurs couleurs en fonction de l’effet désiré, ce autour de quoi tourne l’intrigue du roman.

Comme dans la Jeune Fille à la Perle de Tracy Chevalier où on approche Vermeer, l’auteur nous offre ici la possibilité d’admirer un de ses grands prédécesseurs.

ENQUÊTE DANS LE BROUILLARD d’Élizabeth George

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Le sergent Barbara Havers est résolument laide et revêche et bien décidée à le rester. Elle adore son boulot mais l’idée de faire équipe avec l’inspecteur Lynley, un ancien d’Eton, pur produit de l’aristocratie britannique, lui est insupportable. Un type qui prétend travailler à Scotland Yard pour se rendre utile à la société, au lieu de vivre sur ses terres ! Mais les querelles de ce couple inattendu cessent vite devant l’atrocité d’un crime qu’ils sont chargés d’élucider.

Dans un paisible village de Yorkshire, on a trouvé le corps sans tête de William Teys, paroissien modèle. A côté du cadavre, une hache et une grosse fille qui gémit: « C’est moi qui ai fait ça et je ne le regrette pas. » L’épouvante ne fait que commencer.

C’est avec ce roman que je découvre Elizabeth George et ça tombe plutôt bien puisqu’il s’agit de son premier roman et qu’ainsi j’ai pu assister à la rencontre entre ses deux héros, flics assez atypiques de Scotland Yard. Autant vous dire que j’ai succombé. Pour les personnages principaux bien sûr, avec leurs réparties qui font mouche et leur propension à dissimuler aussi bien leurs blessures que leurs qualités. Une campagne anglaise plus vraie que nature. Tout y est : le brouillard sur la lande bien sûr, le manoir élisabéthain , le fantôme, et en prime quelques pointes d’humour savamment distillées. Avec des références à la littérature anglaise, à la musique classique, à la peinture, Elizabeth George élève le niveau mais c’est pour mieux nous faire retomber, quelques lignes plus loin, dans la fange humaine la plus sordide.

Autant vous dire que je ne vais pas en rester là et que je vais m’empresser de lire la suite des « aventures de Havers et Lynley ».

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VILLA TRISTE de Patrick Modiano

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Quand ils passaient la nuit à la Villa triste, Yvonne et Victor (enfin c’est l’identité qu’il avait choisi cet été-là) s’efforçaient de ne pas remuer du tout. Mais on sent bien que la sérénité n’était qu’un leurre. Des années après, le narrateur retourne dans la ville d’eaux et invoque, par intermittence, le souvenir nostalgique et lucide de sa relation avec Yvonne, des gens qui gravitaient autour d’eux. En particulier des extravagances de René Meinthe, fantôme qui nous guide dans les rues aujourd’hui endormies… Mais ce qui ressurgit avant tout, c’est l’angoisse inexplicable de Victor, qu’il avait espéré apaiser en séjournant dans cette station thermale reculée, à proximité de la Suisse.

Ce roman, je l’ai découvert grâce à une prof de français au lycée et est resté une de mes lecture favorite. Peut-être parce que l’auteur s’appuie sur une langue fluide parsemée de petites formules moqueuses pour donner un tour grave et malgré tout, léger à son roman. Grâce à cet équilibre habile, il esquisse les contours d’un homme en quête de repères pour supporter sa mémoire, tout comme il était, jeune, en quête d’immobilité et de racines. Et si les estivants de l’époque, ridicules et artificiels, ne sont pas tout à fait détestables, peut-être est-ce parce que le mystère qui plane donne un caractère intangible à cet été lointain. L’adaptation au cinéma de ce roman par Patrice Leconte m’avait replongé avec nostalgie et délice dans cette atmosphère…

REPLAY de Ken Grimwood

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En ce 18 octobre 1988, Jeff Winston se trouve dans son bureau new-yorkais et écoute sa femme lui répéter au téléphone :  » Il nous faut, il nous faut… « . Il leur faudrait, bien sûr, un enfant, une maison plus confortable. Mais surtout parler. A cœur ouvert. À ce moment précis, Jeff meurt d’une crise cardiaque.

Il se réveille en 1963, à l’âge de dix-huit ans, dans son ancienne chambre d’université. Va-t’il connaître le même avenir ? Non, car ses souvenirs sont intacts. Il sait qui va gagner le prochain Derby et ce qu’il en sera D’IBM et d’Apple… De quoi devenir l’homme le plus puissant du monde, jusqu’à… Sa deuxième mort et qu’une troisième, puis une quatrième vie commencent…

J’aurais voulu découvrir ce livre plus tôt… Le lire à 20 ans… Le relire à 30… Puis à chaque fois que j’en aurais eu besoin… Juste pour me rappeler que ce qui est le plus important dans une vie. C’est tout simplement sa vie.

Un roman, donc, qui ne laisse pas indifférent. Ce roman a été écrit il y a 30 ans mais n’a pas pris une ride. Je l’ai lu, je l’ai savouré. Et maintenant, il ne sera jamais bien loin. Toujours dans un coin de ma tête et à portée de main…

Qu’il soit là… Quand j’en aurai besoin.

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Le parc Majolan à Blanquefort

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Situé dans la partie rurale de Blanquefort, à 20 minutes du centre de Bordeaux, le Parc de Majolan est un lieu teinté d’histoire (et d’histoires…). Dans ce vaste espace naturel, la faune et la flore sont sublimés par des grottes et des fausses ruines, donnant un aspect féérique à l’endroit. Troisième parc le plus visité de la région et labellisé « Jardin remarquable », le Parc de Majolan est le rendez-vous idéal pour les amoureux de la nature.

Il a été réalisé sur une dizaine d’années, de 1870 à 1880, par le paysagiste Le Breton, dans le goût romantique baroque, sur un terrain qui n’était alors qu’un marécage. Le terrain et le château avaient été acquis par un riche banquier, Jean Auguste Piganeau, appartenant au milieu de la grande bourgeoisie, grâce à son mariage avec la fille de Joseph Prom, propriétaire du domaine.

L’ambition qui motiva la création de ce parc était de refléter la magnificence de son patrimoine et de son train de vie, et ce en imitant ce qui se faisait dans la capitale. une des légendes (il y en a beaucoup) dit que le parc devait servir à consoler sa fille malade. Le banquier fera faillite et le château sera revendu, ainsi que les terres, le parc, les fermes… Il connaîtra un état de quasi abandon et sera racheté par un agriculteur. Dans les années 1950, une guinguette y sera même installée.

Le parc est une illustration grandeur nature du savoir-faire des architectes, ingénieurs, artisans et artistes de la fin du XIXe siècle. Parti du néant, une zone marécageuse de 20 hectares, 150 000 m3 de terre furent dégagés à la pelle afin de créer un lac de 4 hectares à partir de la Jalle, rivière qui a été détournée et de donner forme aux différents endroits du parc. Les grottes artificielles (réalisées à la chaux comme les ruines) et les petites vallées encaissées sont des merveilles d’ingéniosité hydraulique avec leurs fontaines et leurs geysers d’eau.

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Les nombreux ponts répondent chacun à une architecture et à une technique : en lianes, de style gothique, en faux bois (une sorte de béton ornementé), en fer forgé…

Propriété de la commune depuis 1975, ouvert au public depuis 1984, l’ensemble du Parc Majolan est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, par arrêté du 18 janvier 2007, les grottes l’ayant été depuis le 21 décembre 1987.

Une grosse rénovation a eu lieu en 2007 et 2008 (pour un montant de 3 millions d’euros), permettant au parc de rouvrir le 29 mai 2008.

LA DAME DANS L’AUTO AVEC DES LUNETTES ET UN FUSIL de Sébastien Japrisot

Ce roman policier déroutant nous propose une héroïne, Dany Longo, très belle jeune femme qui ne passe jamais inaperçue, avec son tailleur blanc et un pansement à sa main gauche. Elle se demande, tout au long du livre, ce qui lui arrive et pense même être folle car, partout où elle passe avec la Thunderbird empruntée à son patron, on la reconnaît pour être, soit-disant, déjà passée la veille.

Au lieu de ramener la voiture au domicile de son patron M. Caravaille, elle a décidé, sur un coup de tête, de se rendre sur la Côte d’Azur, mais elle ne sait pas qu’elle transporte dans son coffre, un cadavre qui, au départ ne s’y trouvait pas. Elle pense sombrer tout doucement dans la folie, arrive à se ressaisir grâce à l’aide d’un camionneur qui lui, fait tout son possible pour l’aider.

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Ce n’est que dans le dernier chapitre – le Fusil – que toute la vérité éclate. Et là, tout le talent de l’auteur nous révèle l’entière vérité et le lecteur finit par comprendre toute l’histoire machiavélique à souhait. Non, Dany n’était pas folle. Oui, elle a été victime d’une terrible et incroyable machination, mais pourquoi ?

Ce roman est ma madeleine de Proust depuis plus de 20 ans déjà. Chef d’oeuvre du genre suspense. Construction sans faille. Écriture subjective, on s’identifie au personnage, on est traqué, on essaie avec lui (elle) de se sauver et de gagner contre un adversaire invisible.

C’est une des raisons qui ont conduit ce roman à être adapté au cinéma par deux fois depuis 1970.

Détours en Gironde – Château de Roquetaillade

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Le château de Roquetaillade est dans la même famille depuis 700 ans. Il ouvre au public en 1956. Il est constitué de deux châteaux forts, l’un datant du XIe siècle et l’autre du XIVe siècle, se trouvant dans la même enceinte. Il est sauvé par Viollet-le-Duc au XIXe siècle, qui y entreprend également d’importants travaux de décoration et de création de mobilier.

C’est en 778 qu’est fait mention pour la première fois d’une fortification à Roquetaillade. En effet Charlemagne, en route vers les Pyrénées avec son neveu Roland, regroupa son armée à Roquetaillade et construisit une première motte fortifiée en bois : le premier château de Roquetaillade. Cette construction évolua dans le temps ; la technique de la pierre remplaça celle du bois. Le château de Roquetaillade s’agrandit, incluant de nouvelles tours, des remparts et autres constructions défensives, reflétant la puissance du seigneur. La dernière construction fut l’élévation de la tour-porte en 1305, seul passage entre le cœur du château et le village, nommé Castelnau, qui s’était établi autour.

En 1306, avec la permission du roi Édouard Ier d’Angleterre, le cardinal de la Mothe, neveu du pape Clément V, bâtit une deuxième forteresse à Roquetaillade : le Château Neuf, de plan carré avec six tours et un donjon central. Deux raisons expliquent la création d’un deuxième château dans le village. Premièrement les moyens financiers du nouveau Pape Clément V mais surtout le fait que l’ancien château n’avait pas de puits et était seulement équipé d’une citerne pour récupérer les eaux de pluie. Cette construction révolutionnaire pour l’époque alliait l’art militaire, le besoin de se défendre ainsi que la recherche du confort. Le château de Roquetaillade, ainsi que les autres châteaux Clémentins (châteaux construits par la famille du Pape), sont les premiers exemples de palais châteaux forts en France. Citons dans la région proche, les châteaux de Budos et de Villandraut.

Roquetaillade subit ses premières transformations en 1599 ; ouverture au premier étage de fenêtres ainsi que l’installation des premières cheminées Renaissance dans le Bordelais. Ces dernières influenceront ceux construits par la suite au château de Cadillac. À la Révolution, il subit peu de dégâts, mais une tour ainsi que le sommet du donjon furent endommagés. À la même époque il subit également les dégâts de la foudre. Le bâtiment au début du XIXe siècle était en assez mauvais état.

C’est en 1864 que la famille Leblanc de Mauvesin décide de remettre en état le bâtiment et de le transformer en rêve médiéval. Pour cela, elle fit appel à Viollet-le-Duc sur le conseil du grand dessinateur archéologue Bordelais Leo Drouyn. Le chantier durera de 1864 à 1878, avec une interruption de cinq ans après la chute de Napoléon III.

Ce chantier sera suivi par l’un de ses plus proches élèves, Edmond Duthoit, « mon jeune aide de camp ». Ce dernier finira les travaux de 1875 à 1879 quand Viollet-le-Duc sera en exil en Suisse.

Cette création à Roquetaillade est le seul exemple en France d’une opération complète exécutée par Viollet-le-Duc : restauration, création, décoration, mobilier, organisation sociale ou intendance. Le décor de Roquetaillade que l’on voit aujourd’hui est unique en France et classée monument Historique.

Outre les intérieurs du Château Neuf, le visiteur découvre le parc de Roquetaillade comprenant les vestiges de l’enceinte médiévale avec la barbacane, le ruisseau du Pesquey et ses berges, le chalet XIXe et le pigeonnier du Crampet, qui fait partie de l’écomusée de la Bazadaise.

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